MANIPULATIONS de Frédéric ARANZUEQUE-ARRIETA - extraits

Anti-roman

Extrait n°1 - Extrait n°2 - Extrait n°3

 

Extrait n°1

Note au lecteur en guise de préface

MANIPULATIONS est certainement à ce jour un des plus mauvais livres qui n'ait jamais été écrit, une injure, une profanation, une prise de tête, une transgression littéraire volontaire, digne des pires masturbations intellectuelles de cette fin de siècle.

J'ai voulu raconter une histoire, si tant est qu'il y en ait une, dans laquelle rien ne se passe, avec des personnages stéréotypés et absents soutenus par un style prosaïque, répétitif, naïf, contradictoire et agaçant (sûrement autant que cette note).

En m'appliquant et m'acharnant sur la médiocrité littéraire, jai tenu à montrer que l'écriture sert encore à quelque chose, même quand elle semble ne rien dire. C'est en allant au-delà des mots, en dépassant " l'écriture horizontale " pour pénétrer pleinement dans " l'écriture verticale " que l'on découvre les richesses de cette expression artistique qui nous dépasse fort souvent.

MANIPULATIONS est également en plus d'une critique de la littérature actuelle ou d'un avortement littéraire qui nous plonge dans la stupidité la plus abjecte et déconcertante, un rejet violent de la société dans laquelle nous évoluons ou nous stagnons, devrais-je dire, héritage d'une culture judéo-chrétienne agonisante.

Le seul mérite de ce livre est peut-être celui d'avoir consacré à l'homme et à sa société un ouvrage à son échelle. L'échelle de la putréfaction intellectuelle.

L'Auteur.


Extrait n°2

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Il habite une grande maison.

Une grande maison française.

La maison possède un jardin.

Un magnifique jardin. Je pense que c'est important de mettre un jardin autour de la maison parce que ça fait joli.

Le joli jardin est garni de fleurs, de truies, d'arbres, de rhinocéros femelles et de feuilles mortes. Bref, un jardin. Le jardin d'une société.

Il se promène souvent dans le jardin. Il n'a pas le choix parce qu'il ne peut pas sortir de la maison. Il n'y a rien autour. C'est le vide, le désert. Rien.

La jolie maison et le joli jardin, c'est son univers. Son monde, sa galaxie, son étoile, sa planète, enfin vous m'avez compris je suppose.

C'est vraiment important d'avoir un "chez-soi" agréable. En plus ça fait bien.

Il ne vit quand même pas tout seul. Il a deux domestiques à son service. L'homme et la femme.

L'homme parle français mais ils ne se comprennent pas, car mon personnage ne parle pas français. Ils sont obligés de communiquer au travers de gestes. Je pense qu'il est jeune aussi. Il doit avoir la trentaine. Il est blond et il a les yeux bleus. Il mesure un mètre et quatre-vingt dix centimètres. D'ailleurs il est curieux de constater qu'il ressemble étrangement à mon personnage. Il m'arrive parfois de les confondre. C'est fâcheux !
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Extrait n°3

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Toc toc toc.

Le Prêtre entre dans la bibliothèque.

Il s'assoit sur le même fauteuil que le précédent formateur.

Il n'est pas très grand bien qu'il porte d'excentriques chaussures à talon rouge semblables à celles des putes du quartier de Pigalle à Paris.

Son visage est fin et émacié, il a l'allure d'un mannequin : ses yeux sont vert bouteille, ses lèvres pulpeuses, sa peau douce comme un cul de bébé, ses sourcils savamment épilés éclaircissent davantage son regard selvatique, son buste laisse deviner une musculature fine bien que sa soutane trop grande pour lui, cache cette beauté refoulée derrière un accoutrement michelangélique.

Sa main droite, prude et délicate porte avec grâce la Bible de Jérusalem, l'édition éditée en 1969.

Il sourit gentiment et semble quelque peu intimidé par la beauté de mon personnage blond aux yeux bleus.

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Atipik
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Date de dernière mise à jour : 06/02/2004
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